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LE TRAIT- Episode 60 – L’Atlas

 

L’Atlas, en mouvement.

Le Trait a rencontré le peintre L’Atlas, alias Jules Dedet Granel, dans son atelier des Lilas. À quarante-six ans à peine, L’Atlas fait déjà l’objet d’une rétrospective au musée du Touquet, visible jusqu’au 25 mai 2026. Une reconnaissance significative pour cet artiste né en 1978, dont la notoriété s’est construite à la croisée du graffiti, de la calligraphie et de l’abstraction.  Agnès b qui le représente dans sa galerie a été l’une des premières personnes à le collectionner. « Elle m’a sortie du milieu underground ».

Autodidacte pour l’essentiel, il effectue néanmoins un bref passage par l’université en archéologie et en histoire de l’art, avant de prendre une décision fondatrice : partir au Maroc, dans le massif de l’Atlas, en 1999, pour rejoindre un maître calligraphe. Il ira aussi beaucoup en Asie ; la calligraphie orientale l’a beaucoup influencé.

Il choisit le nom « L’Altas » ; une figure mythologique condamnée par Zeus (nom porté par ailleurs par l’un de ses proches amis, lui aussi artiste de street art et figure du post-graffiti) à soutenir la voûte céleste pour l’éternité. « L’Atlas, c’est un nom universel, explique-t-il. Le “L’” est une manière de le rendre unique, un clin d’œil à la French touch, et aussi un outil plastique : l’apostrophe m’aide à équilibrer mes compositions. »

L’Atlas ne peut créer une œuvre s’il n’a pas un mot en tête. Chez lui, rien ne se créé sans le langage. «J’ai une formation de calligraphe. » Il aimerait faire entrer la lettre dans l’histoire de l’art. « La calligraphie est souvent cantonnée à l’archéologie. J’aimerais faire entrer l’histoire de l’écriture dans l’art, écrire un manifeste sur l’abstraction calligraphique. On est un mouvement (nous sommes beaucoup à venir du graffiti) qui a appris à peindre avec des lettres. On a une manière d’occuper l’espace par la lettre ».  L’Altas a d’ailleurs créé une galerie aux Lilas pour faire exister ce mouvement : la galerie Liminal.  « Nous avons appris à peindre avec des lettres. Nous avons une manière spécifique d’occuper l’espace par le signe. Le street art a été largement envahi par la figuration ; je pense que l’abstraction est plus universelle. »

L’Atlas cherche à extraire une unité dans les écritures, une sorte d’espéranto calligraphique, où le noir et le blanc  (principalement) dialoguent dans une dichotomie radicale. Ses compositions explorent sans cesse la frontière fragile entre lisibilité et abstraction, entre sens et pure forme. L’ambition est la création d’un mouvement artistique,  « l’abstraction calligraphique. » A découvrir au Musée du Touquet-Paris-Plage et à la galerie Liminal, aux Lilas.

Questionnaire de Proust :

Occupation idéale :
Le pays où j’aimerais vivre
Un /des Créateurs (au sens large)
Une couleur
Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

 

 

Ce que je déteste le plus
Ce que j’apprécie le plus chez les autres
L’état présent de mon esprit
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence
Dîner idéal
Ma devise
Le monde de demain en quelques mots ?

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