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LE TRAIT- Episode 55- Alias Mathias

LE TRAIT- Episode 55- Alias Mathias

LE TRAIT- Episode 55 – ALIAS MATHIAS

Le Trait a rencontré le « créateur » Mathias, au salon « Révélations », qui a eu lieu au Grand palais en mai dernier.
Mathias est le nom qu’il a emprunté à vingt-neuf ans pour repartir à zéro. Il s’est alors installé comme artisan rue de Charenton (12e ) : « Cela a été quinze ans de labeur ; une période très perturbante, très difficile. Je me suis toujours dit que si je m’en sortais, j’aiderais les jeunes ». Il a tenu sa promesse en lançant l’association « Matières libres » en 2015 qui, chaque année, octroie le Prix Mathias doté d’une somme de 6000 euros, ouvert aux jeunes créateurs de moins de 30 ans sortant d’écoles ou autodidactes. Le jury est choisi parmi des personnalités des arts appliqués, du design, de la décoration, des médias ou chefs d’entreprise. L’originalité, le savoir-faire et la liberté créative sont particulièrement récompensés. Depuis 2023, la maison Baccarat (avec laquelle Mathias collabore depuis toujours comme designer) décerne aussi le prix « Alchimie de la joie », une résidence d’un mois à la manufacture Baccarat (Meurthe-et-Moselle). Il est encore possible de candidater pour le prix 2025 (jusque fin juillet, lien ci-dessous).

Pour Mathias, la découverte du verre a été capitale. Il trouve un procédé qui, pendant 15 ans, lui permet de « faire la plus belle verrerie du monde, après on m’a copiée. Mais, je me suis rendu compte que je pouvais utiliser d’autres matières. J’ai fait des couverts, des nappes … La griffe Matthias était partout ». Mathias estime que les jeunes designers doivent résister et imposer leur signature, même si c’est difficile.

Matthias a accepté de nous raconter avec passion et une grande émotion son parcours…

La liste des exposants 2025 de Révélations

institut-savoirfaire.fr/sites/default/files/brochure_-_mathias_matieres_libres_2019.pdf

VERBATIM
« J’ai commencé en 1972 au fond d’une cour d’immeuble. J’étais heureux mais le défi est de réussir et d’être reconnu.
-La parution dans un magazine vous donne la reconnaissance mais ne vous fait pas vivre. À l’époque, on n’avait pas les réseaux sociaux pour se faire connaître.
– J’ai pris l’appellation : Créations Mathias. Pour moi, création, c’était le mot essentiel de la vie. Mais personne ne l’utilisait à l’époque. Je ne me dis pas designer, c’est un terme anglais qui n’a rien à faire avec ce que l’on fait. Le mot designer ne rend pas compte du métier de la main. Je ne me revendique pas artiste. Dès que l’on produit en multiple, nous ne sommes plus des artistes ».

Questionnaire de Proust :

Le pays où j’aimerais vivre

Le mien

Un /des Créateurs (au sens large)

Barbara Heptworth

Une couleur :

Cardinal

Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

Mahatma Ghandhi

 

Ce que je déteste le plus

L’hypocrisie

Ce que j’apprécie le plus chez les autres

La Créativité

L’état présent de mon esprit

Perpetuelle état de reflexions, ….curieux,passionné, ….tout en restant au plus profond de moi serein

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence

Quand elle est naivement sincère

Ma devise

Rien n’est impossible ….
Toujours aller au delà de ses propres possibilités ….

Pour Gandhi ce j'admire en lui est...

Rendre libre tout un peuple de plus d’un milliard d’individus uniquement par la force de l’esprit …..

LE TRAIT- Episode 53-Stéphanie Ledoux et Réda Amalou

LE TRAIT- Episode 53-Stéphanie Ledoux et Réda Amalou

LETRAIT -Episode 53- Stéphanie Ledoux et Réda Amalou : En mode workshop

Ce nouvel épisode du Trait met en lumière le Réda Amalou et Stéphanie Ledoux à la tête de l’agence AW2 (pour Workshop Architecture). Réda Amalou, diplômé de l’Université de East London, fonde l’agence en 1997, avant que Stéphanie Ledoux, diplômée de l’École Spéciale d’Architecture de Paris, ne le rejoigne en 2000. Le premier projet de l’agence s’avère déterminant et fondateur: des médecins français leur confient la création d’un hôpital au Vietnam. Ce projet représentait à la fois un risque, comme le raconte Réda Amalou, mais aussi une formidable opportunité. « En tant qu’architectes, nous ne sommes ni hôteliers ni médecins, et ces types de bâtiments, avec leur fonction très forte, imposent des contraintes spécifiques. Mais nous croyons que l’architecture peut créer des espaces qui redéfinissent les lieux et modifient notre manière de les appréhender. » D’autres projets hôteliers, cette fois, ont suivi.

Les deux architectes partagent une vision forte de leur métier, centrée sur la nécessité de remettre la beauté au cœur de l’architecture. Cette démarche se reflète dans les projets de l’agence, visibles sur leur site. « Nous avons trop longtemps imaginé que l’architecture devait répondre à une idéologie, fondée sur des principes rigides. La réalité, c’est que ces principes étaient appliqués de manière systématique. L’architecture, pour nous, n’est pas une question d’idéologie, mais d’idées. Cette quête du beau et de l’esthétique s’incarne dans le lien émotionnel que nous tissons avec l’utilisateur et l’espace. Nous ne cherchons pas à définir ce qu’est le beau, mais à atteindre quelque chose qui nous semble à la fois sensible et intelligent ».

Parmi les architectes qui les inspirent, il y en particulier le Sri-lankais Geoffrey Bawa (1019-2003) qui incarne, pour eux, cette sensibilité du lieu, la prise en compte du contexte naturel et végétal. Reda Amalou et Stéphanie Ledoux insistent d’ailleurs beaucoup sur le lien entre l’architecture et la vie qui fait que « nous allons atteindre le beau. Il y a un lien avec la scénographie : mettre en place les perspectives, le rapport au vide à la matière, à la lumière… ».

 

Verbatim

« Le workshop est essentiel pour nous. C’est le lieu où nous créons, où nous fabriquons, où nous rendons les idées tangibles. La création de réalité est un élément clé pour nous, car c’est ce qui nous pousse à construire, et non à réaliser des œuvres d’art. C’est là toute la différence entre un artiste et un architecte. Nous nous inscrivons dans la réalité vécue, perçue et émotionnellement ressentie.

-Nous ne voyons pas l’architecture comme une spécialisation technique, mais comme une discipline consacrée au dessin de l’espace.

-Les études d’architecture nous semblent être les plus complètes, car elles sont à la fois généralistes et intensives sur le plan de l’apprentissage. Elles nous aident à nous libérer des contraintes et des conventions. Le défi technique, pour un architecte, se résout avec l’expérience. Le véritable enjeu, c’est la liberté de concevoir.

-Le beau : nous ne cherchons pas à définir ce qu’est le beau, mais à atteindre quelque chose qui nous semble à la fois sensible et intelligent.

-Le premier conseil aux jeunes : ne pas s’autocensurer. La première des portes à franchir ; c’est celle qu’on oppose à soi-même ».

-La culture française est profondément ancrée dans le marché public, un système où les autorités publiques jouent le rôle de donneurs d’ordre et de maîtres d’ouvrage. Ce modèle suscite l’admiration du monde entier. Pour notre part, nous avons choisi de nous tourner vers l’international, car ce sont principalement nos contacts qui nous ont orientés dans cette direction.

-ll y a en France l’idée que l’architecte a une responsabilité vis-à-vis du public. En France, il y a obligation de recourir à un architecte pour certains projets ; ce n’est pas forcément le cas dans d’autres pays.

Questionnaire de Proust :

Occupation idéale

Observer

Le pays où j’aimerais vivre

La France

Un /des Créateurs (au sens large)

Robert Rauschenberg

 

Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

Les femmes de ma famille
depuis plusieurs générations

Une couleur

Tout en nuances

Ce que je déteste le plus

Les tics de langage « c’est en cours »

Ce que j’apprécie le plus chez les autres

Leur curiosité

L’état présent de mon esprit

Déterminé

 

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence

 Il vaut mieux pécher
par excès que par défaut

 

 

Ma devise

Insister c’est exister

Dîner idéal

 Celui que j’ai eu le temps de cuisiner moi-même

Le monde de demain en quelques mots ?

Résistance

Questionnaire de Proust :

Occupation idéale

Observer

Le pays où j’aimerais vivre

La France

Un /des Créateurs (au sens large)

Robert Rauschenberg

 

Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

Les femmes de ma famille
depuis plusieurs générations

Une couleur

Tout en nuances

Ce que je déteste le plus

Les tics de langage « c’est en cours »

Ce que j’apprécie le plus chez les autres

Leur curiosité

L’état présent de mon esprit

Déterminé

 

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence

 Il vaut mieux pécher
par excès que par défaut

 

 

Ma devise

Insister c’est exister

Dîner idéal

 Celui que j’ai eu le temps de cuisiner moi-même

Le monde de demain en quelques mots ?

Résistance

Le Trait Episode 54- Nathalie Obadia : Galeriste puissante

Le Trait Episode 54- Nathalie Obadia : Galeriste puissante

LE TRAIT- Episode 54 –

Nathalie Obadia : galeriste puissante

La réputation de Nathalie Obadia n’est plus à faire. Déterminée, énergique et passionnée, elle incarne pleinement ces qualités lorsque nous la rencontrons dans sa galerie du Faubourg Saint-Honoré, un matin d’avril.

Nous souhaitions l’interroger sur son parcours de galeriste, entamé il y a un peu plus de 30 ans, en 1993, lorsqu’elle ouvre sa première galerie, rue de Normandie (Paris 3e), ainsi que sur son livre récemment paru aux éditions Cavalier bleu, « Figures de l’art contemporain. Des esprits conquérants ».

Nathalie Obadia s’est imposée dans le cercle très fermé des galeristes. Elle raconte qu’à 13 ans déjà, elle visitait des galeries engageant des conversations avec Mathias Fels, Jean-Marc Lambert et d’autres figures du milieu. Daniel Varenne a même vendu à ses parents une œuvre de Tom Wesselmann. Passionnés d’art, ses parents ont commencé une collection de pop art. Bien qu’elle vienne d’un milieu sans grande fortune, l’art y occupait une place centrale. Selon elle, la démarche de ses parents était atypique pour l’époque car les acheteurs étaient principalement issus de grandes dynasties familiales.  Elle est convaincue qu’il est aujourd’hui possible de constituer une collection sans nécessairement disposer de moyens considérables, mais en nourrissant une grande curiosité (mot qui reviendra souvent dans la discussion).

Elle entreprend des études de droit puis Sciences po, mention relations internationales (école qu’elle a d’ailleurs retrouvée pour donner un cours sur l’analyse du marché de l’art contemporain). Après ses études, Nathalie Obadia effectue plusieurs stages, notamment chez Maeght avant de se lancer dans l’aventure d’une galerie.

Nathalie Obadia dégage une impression de mouvement constant, de vigilance, malgré son succès. Mot qu’elle réfute d’ailleurs fermement : « Je ne vois pas mon parcours comme un succès. Il y a encore tellement à faire. Le métier a beaucoup évolué. Il n’y a pas de rente de situation. Chaque matin est un défi. Il faut trouver des projets pour les artistes que l’on défend, inventer des ventes, susciter des envies mais assi bien connaître son environnement à la fois national et international. »

Dans son ouvrage « Figures de l’art contemporain », Nathalie Obadia aborde un sujet essentiel : la nécessité de canaux de légitimation dans le monde de l’art, en particulier avec l’émergence de l’art conceptuel. Elle situe cette rupture à la fin des années 1960 : « On s’est progressivement éloigné de la notion de beauté kantienne. Un objet peut devenir une œuvre d’art, mais ce n’est pas automatique. Il faut des intermédiaires pour le légitimer comme par exemple les curateurs ».

Lorsqu’on lui demande si l’art conceptuel ne va pas parfois trop loin, elle répond qu’il existe plusieurs voies possibles pour un artiste. Et c’est le temps qui tranchera : « Il ne restera que les bons ».



VERBATIM

« À 15-16 ans, j’ai fait des stages chez Adrien Maeght, en Italie, chez des marchands, et chez Daniel Varenne qui avait vendu à mes parents une œuvre de Tom Wesselmann.

-J’ai préféré faire des études plus classiques en droit, en sciences politiques et en relations internationales.

-Le rôle du galeriste, c’est un peu celui d’un agent d’art. Je choisis de défendre un artiste. J’influence les gens influents : curateurs, critiques d’art, collectionneurs prescripteurs. Mon rôle est de faire avancer la cause des artistes que je défends auprès de ces personnes. Une galerie de haut niveau a accès aux grandes foires, aux collectionneurs importants, aux musées.

-On peut aussi redécouvrir un artiste. Cela a été le cas pour Martin Barré, qui est décédé en 1993. Je le connaissais de son vivant et en 2006, son épouse, Michelle Barré, m’a demandée de le défendre et de le remettre sur la scène de l’art contemporain. Nous pouvons redonner une nouvelle lumière à un artiste.

-Je ne vois pas mon parcours comme un succès. Il y a encore beaucoup à faire. Le métier a beaucoup changé. Il n’y a pas de rente de situation. Chaque matin est un défi. Il faut trouver des projets pour les artistes que l’on défend, inventer des ventes, susciter des envies. Il faut bien connaître son environnement national et international. Parfois, on se dit : cette personne ne le sait pas encore, mais ce tableau est pour elle.

-La sociologie des collectionneurs en France a beaucoup évolué. Aujourd’hui, il y en a beaucoup. Il faut savoir les trouver. Avant, la majorité des collectionneurs étaient issus de grandes familles fortunées. Mes parents, qui n’étaient pas riches ni issus de réseaux, étaient des exceptions. Aujourd’hui, la plupart des collectionneurs, à Paris comme en province, sont des « personnes normales ».

-L’Europe est un marché très fort (Belgique, Allemagne, Italie, France…). Paris, après New York, reste le centre névralgique de l’art contemporain.

-J’ai pu me tromper, et c’est normal. Les meilleures galeries se trompent moins, mais je n’ai jamais montré un artiste que je n’appréciais pas. En règle générale, les artistes que je défends sont des personnalités très fortes.  Au-delà du travail, ce qui compte, c’est l’envie d’avancer, de réussir, de s’épanouir, et de répondre à la complexité actuelle du monde de l’art.

-La nouvelle génération d’artistes français est beaucoup plus autonome, ils connaissent les codes. Cela ne remet pas en cause l’authenticité de leur travail ».

Questionnaire de Proust :

Occupation idéale

Observer

Le pays où j’aimerais vivre

La France

Un /des Créateurs (au sens large)

Robert Rauschenberg

 

Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

Les femmes de ma famille
depuis plusieurs générations

Une couleur

Tout en nuances

Ce que je déteste le plus

Les tics de langage « c’est en cours »

Ce que j’apprécie le plus chez les autres

Leur curiosité

L’état présent de mon esprit

Déterminé

 

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence

 Il vaut mieux pécher
par excès que par défaut

 

 

Ma devise

Insister c’est exister

Dîner idéal

 Celui que j’ai eu le temps de cuisiner moi-même

Le monde de demain en quelques mots ?

Résistance

Le TRAIT- Épisode 52 -Jean-Christophe Camuset: Vigie du design

Le TRAIT- Épisode 52 -Jean-Christophe Camuset: Vigie du design

LE TRAIT- Episode 52 

Jean-Christophe Camuset : Vigie du design 

Journaliste à Elle déco depuis 2021, Jean-Christophe Camuset a affiné son regard depuis ses débuts à IDEAT. Spécialiste du design et de la décoration, ainsi que des technologies, il cultive une passion communicative pour ces deux domaines qu’il explore avec un enthousiasme contagieux.

Le Trait lui a demandé comment il repère les designers et ce qui le touche le plus dans leur travail. Selon lui, le design repose sur deux éléments essentiels : l’intention et la contrainte. Pour lui, le designer est avant tout un artiste, mais un artiste soumis aux contraintes de la production et de la fonctionnalité. Le design est toujours une rencontre entre l’esthétique et le fonctionnel.

Jean-Christophe Camuset cherche avant tout à mettre en lumière l’innovation, ce qui n’a pas encore été vu, ce qui fait avancer le monde du design.

S’il est passionné par la technologie, il estime que celle-ci doit servir la poésie, plutôt que d’être un simple effet de mode.

À la rédaction de Elle déco, trois journalistes, chacun avec sa propre vision de l’image et de l’objet, se concertent pour repérer les nouvelles tendances et dénicher l’exclusivité. Ce travail l’amène à voyager fréquemment et à rencontrer de nombreux designers.

Jean-Christophe reconnaît être moins attiré par le design scandinave, préférant le côté « débridé » et joyeux du design méditerranéen, en particulier italien.

Il évoque également, dans cet épisode, les transformations en cours dans le monde du design, où les jeunes créateurs, moins soutenus par les grandes maisons qu’auparavant, semblent plus libres et créatifs. ils fabriquent eux-mêmes, ce qui leur permet de garder une approche plus authentique et novatrice.

Il souligne aussi la différence fondamentale entre le monde du design et celui du luxe. Bien que le design soit souvent associé au luxe, il réalise des marges bien plus faibles, et les éditeurs du secteur n’ont pas la même surface financière que les acteurs du luxe.

VERBATIM

« Je ne crois pas qu’il y ait de frontières entre art et design. Il n’y a que des zones grises. Les frontières se brouillent de plus en plus.

– Je préfère aller chercher ceux qui font les choses différemment et qui font avancer le design et la décoration.

– J’essaye de repérer ce qui est nouveau, ce qui ne relève ni de la redite ni du passéisme.

– La technologie doit être au service de la poésie. Je n’aime pas la technologie pour la technologie.

– Le monde du design évolue profondément avec moins d’acteurs traditionnels. Il y a une grande effervescence parmi les jeunes designers à Paris, Berlin, Londres. Mais les éditeurs, par frilosité, se tournent de plus en plus vers les grands noms déjà établis, ce qui laisse moins de place aux jeunes talents. Les jeunes designers ne peuvent plus compter sur les grands fabricants pour vivre de leur art. Ils sont très imaginatifs.

– La formation en design est de qualité en France, mais après leurs études, les jeunes designers ne travaillent pas forcément dans leur domaine. Il y a peu de fabricants en France.

La crise du retail est profonde. Les designers doivent aujourd’hui travailler à 360 degrés, là où ils peuvent apporter quelque chose, notamment dans des domaines comme la scénographie, le design graphique, le design produit.

– Le rôle du designer, c’est de se fondre dans l’ADN du fabricant. Cela fait partie des contraintes. Mais souvent, les fabricants se replient sur ce qu’ils savent faire, plutôt que de prendre des risques.

– Le design, bien qu’étroitement lié au luxe, génère des marges infiniment plus faibles. Par conséquent, la surface financière des éditeurs est plus réduite. Les coûts de fabrication, de manutention et d’expédition sont considérables.

– L’intelligence artificielle : les designers doivent s’emparer des technologies pour renouveler leur vocabulaire et continuer à produire des objets pertinents. »

Questionnaire de Proust :

Occupation idéale

Faire de la musique avec d'autres personnes, découvrir de nouvelles formes de beau.

Le pays où j’aimerais vivre

 L'Italie tout en étant conscient des difficultés de la vie quotidienne et de l'état profond du pays, tel que décrit par Francesca Melandri par exemple. J'ai récemment redécouvert Berlin et l'équilibre entre rigueur et folie créatrice est séduisant.

Un /des Créateurs (au sens large)

Un contemporain (Paul Mouginot) et un classique (Enzo Mari)

Une couleur :

Le vert, mais c'est passager…

Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

L'écrivain américain Tom Robbins / Le musicien Johnny Greenwood /L'entrepreneur Adriano Olivetti

 

Ce que je déteste le plus

Le passéisme, la nostalgie...

Ce que j’apprécie le plus chez les autres

La fraîcheur d'esprit.

L’état présent de mon esprit

Positif et curieux, toujours.

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence

Toutes, si elles sont reconnues.

Dîner idéal :

Menu ou convives ? 🙂

Ma devise

Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme (Lavoisier)

Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes,

ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements (Darwin)

Le monde de demain en quelques mots ?

Plus incertain que jamais.

Le TRAIT- Episode 51 – Marine Peyre

Le TRAIT- Episode 51 – Marine Peyre

LE TRAIT- Episode 51 – Marine Peyre

La fabrique d’un designer

Depuis son stage chez Inflate Design à Londres dans les années 90, où sa passion pour le design s’est solidement enracinée après des études d’architecture et aux Beaux-Arts de Marseille, Marine Peyre n’a cessé d’expérimenter et de se réinventer. Dans cet épisode du Trait, elle nous partage ses débuts et son parcours, animée par un enthousiasme indéfectible et une volonté de toujours aller de l’avant. Ces valeurs, dit-elle, ne l’ont jamais quittée.

 

Parmi ses premières réalisations, elle a lancé la marque « Cooked in Marseille », aujourd’hui disparue, qui a marqué les premières étapes de son aventure créative. Sa démarche était ancrée dans le désir d’explorer ce qu’elle appelle un « design contextuel ». Concrètement, elle se demandait : est-ce que l’esthétique d’une ville, d’une région ou d’un pays, ses formes, couleurs et matières peuvent être retranscrites à travers un objet ou un mobilier ? L’idée se traduisait par une gamme ludique dans l’esprit du Tupperware, avec des créations en silicone. Marine Peyre a toujours eu à cœur de détourner les usages traditionnels des produits. 

 

Cependant, cette aventure s’est arrêtée lorsqu’elle a refusé de produire des objets « made in China », alors que les produits en silicone chinois envahissaient le marché européen.

 

Cherchant à dépasser l’objet, Marine Peyre a souhaité se tourner vers l’espace. Sa formation aux Beaux-Arts lui a offert une grande liberté créative et cultivé son goût du concept, un élément essentiel dans ses créations actuelles.

 

Elle considère que l’humilité est la qualité principale d’un bon designer. « Il ne s’agit pas seulement de faire un beau dessin, mais de se demander si le projet est réalisable, quel matériau il faut inventer, et comment travailler avec les équipes pour le rendre concret. Le coût de fabrication et le prix de vente doivent être cohérents », explique-t-elle.

 

Marine Peyre nous dévoile également la réalité du métier de designer indépendant, sans éluder les difficultés que cette profession engendre, notamment le fait qu’elle n’est pas aussi bien référencée que celle d’architecte par exemple.

VERBATIM

« Je voulais me lancer dans un métier créatif sans savoir lequel. L’architecture m’est apparue comme un tout : assimilation de références, techniques, dessins, constructions. J’y ai tout appris. Cela m’a ouvert les yeux sur le design.

-En 3e année d’architecture, je me suis retrouvée face à des contraintes techniques : la construction d’un bâtiment, ce qui était assez rébarbatif. Je voulais quelque chose de plus palpable, que je pouvais maîtriser : l’échelle de l’objet, à taille humaine. Je fais aujourd’hui beaucoup de mobilier. Je voulais inventer un vocabulaire de formes qui amène à l’usage.

-Ma base d’inspiration est ce que j’appelle « le non-design » : j’aime détourner les objets.

-Cooked in Marseille, c’était l’esprit de la plage du Tupperware. On a travaillé toute une gamme de produits en silicone, colorés, transcendés à une échelle plus universelle.

-Quand on fait les Beaux-Arts, on est complètement libres, peut-être trop. Mais cela donne une grande liberté et une grande ouverture d’esprit.

-Le regard artistique du designer : c’est le plus important. Le dessin apporte un nouvel usage, une nouvelle manière de voir les choses. On n’invente rien, mais on réinvente. Tout est design, tout est dessiné. C’est un œil avec ses codes, ses couleurs, ses vocabulaires de formes.

-J’étais plus jeune dans la volonté de faire un design démocratique, mais c’est moins facile quand on produit en France. Un produit qui parle à tout le monde, à la fois à quelqu’un d’érudit et à quelqu’un qui n’y connaît rien ; c’est un vrai plaisir.

-J’ai dessiné un sex-toy édité par Love to Love et vendu par Rykiel. On est venu me chercher pour mon travail sur le silicone phosphorescent. Cela m’a beaucoup amusé. Je voulais un objet qui puisse se montrer, qui n’est pas forcément caché, avec une fonction : stimuler le corps de la femme. J’ai eu un stand sur Maison et Objets en « Art de vivre ».

-J’ai toujours eu mon nom sur les objets que j’ai dessinés, car je n’ai pas travaillé dans une agence pour quelqu’un.

-Le design : c’est un métier qui n’est pas référencé ; ce n’est pas comme un architecte : le prix dépend de la notoriété du designer. La question des royalties n’a pas de base. La question de la négociation est clé. Je pense qu’il faudrait clarifier le statut des designers. Beaucoup de designers travaillent avec des avances sur royalties.

 

Questionnaire de Proust :

Occupation idéale

NAGER

Le pays où j’aimerais vivre

Il n’existe pas … hélas

Un /des Créateurs (au sens large)

Joe Colombo, Louise Bourgeois, Charlotte Perriand, David Bowie

Et beaucoup d’autres

Mes héros-héroïnes fiction/vie réelle

Wonder woman –  Mick Jagger

Ce que je déteste le plus

L’INTOLÉRANCE, le mensonge … les convictions

Ce que j’apprécie le plus chez les autres

L’humour, l ’humilité

L’état présent de mon esprit

JOYEUX

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence

La vengeance

 

 

Ma devise

Ce qui est fait n’est plus à faire

Le monde de demain en quelques mots ?

Bi polaire, ultra numérique et aseptisé d’un coté et sauvage et débridé de l’autre côté